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  • Photo du rédacteurCinémages Versailles

Goodbye Julia

de Mohamed Kordofani


Présenté à Cannes en 2023 dans la sélection « Un certain regard », il a obtenu le « Prix de la liberté ».

C’est le premier long métrage de Mohamed Kordofani, réalisateur soudanais.

Mohamed Kordofani, âgé d’une quarantaine d’années, a quitté son travail d’ingénieur en aéronautique chez Gulf Airlines pour pouvoir réaliser ce film. Son but : sensibiliser les soudanais et l’opinion internationale aux mécanismes ordinaires du racisme, des préjugés et appeler à la paix. « Je voudrais tant qu’une réconciliation se produise avant qu’il ne soit trop tard et que l’histoire ne se répète. » dit-il dans un entretien.

Mais au moment de la remise des prix à Cannes son pays est entré de nouveau en guerre en raison d'un conflit meurtrier entre généraux rivaux. Une guerre qui a fait à ce jour 7500 morts et 5 millions de déplacés (cf. La croix L’Hebdo du 5 novembre 2023), mais dont on parle peu dans les médias occidentaux. C’est une guerre oubliée qui ravive les blessures du génocide du Darfour dans les années 2000, une guerre qui dure sous diverses formes depuis plus de 50 ans. Le Soudan est un pays où reste profondément imprimé le souvenir de la traite négrière à travers le Sahara qui a duré pendant des siècles (cf. Bakhita de Véronique Olmi).


Le film se passe entre 2005 et 2011, période où se prépare la sécession du Soudan et du Soudan du Sud en 2011. Le Soudan du Sud devient alors le dernier né des États du monde.

Le film met en scène l’amitié improbable entre une femme arabe, musulmane, aisée et une femme noire, chrétienne, démunie. Il révèle avec finesse les effets du mépris et de l’humiliation dans le déchaînement de la violence.


Notes :

  • Mépriser, c’est « tenir pour rien ». Et c’est bien ce qui se passe lorsqu’un arabe soudanais traite d’esclave un noir. Ou lorsqu’il dit « ce sont des bêtes ». L’humiliation est le chemin de toutes les violences.

  • « La réconciliation doit être un projet national pour préserver ce qui reste du Soudan et pour construire une nouvelle identité nationale construite sur des valeurs d’humanité, de coexistence et de justice plutôt que de race, de tribu, de sexe. » Mohamed Kordofani. Un objectif qui vaut pour tout pays.

  • Pour conclure : « Je refuse d'admettre que l'humanité ne soit qu'une épave ballottée par l'océan de la vie. Je refuse d'admettre que l'humanité soit si tragiquement vouée à la nuit privée d'étoiles du racisme et de la guerre, que l'aube brillante de la paix et de la fraternité ne puisse jamais poindre. » Martin Luther King.

G.R



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